Randonner sur l’île de Naxos
Le 21 mai 2026

Fondateur de Vercors Escapade, Fabrice est allé randonner au mois d’avril à Naxos, une île de l’archipel des Cyclades en Grèce. Une découverte enthousiasmante en compagnie de son ami et collègue accompagnateur Luc Richard qui a décidé de créer un circuit mixant randonnée et découvertes patrimoniales au départ de la maison familiale de sa grand-mère dans le village d’Ano Potamia.

Peux-tu nous décrire l’ambiance de l’île de Naxos?

Ano Potamia est une île dans l’île — un coin de verdure inattendu au milieu des pierres et de la lumière blanche des Cyclades. Situé au cœur de de Naxos, ce village s’étage le long d’une vallée verdoyante et fraîche, car traversée par l’une des rares rivières permanentes des Cyclades : l’eau coulant toute l’année, les jardins potagers sont luxuriants, les platanes centenaires et les oliveraies bien denses.

Les environs d’Ano Potamia sont des terres rurales, fertiles, habitées depuis des millénaires. Les gens cultivent encore leur jardin, font leur huile, élèvent leurs chèvres, et vous accueillent avec une hospitalité qui n’a pas besoin de se mettre en scène.

Notre base de vie pendant le séjour, c’est la petite maison familiale de Luc, typique de l’île et pleine de charme, avec une terrasse donnant sur les montagnes, une cuisine où l’on se retrouve le matin autour de l’odeur du café grec et du thym. Calme et presque silencieux, le village est sans voitures dans les ruelles pavées. En déambulant entre les maisons de pierre aux volets bleus, on croise quelques chats sur les murets, une fontaine sur la place, une chapelle. Ici la vie paysanne a conservé ses rythmes propres, loin du bruit et de l’agitation de la côte.

Ano Potamia est un point de départ naturel pour rayonner dans toutes les directions — vers les sommets, vers la côte, vers les villages de montagne du nord ou les plaines du sud.

Quel type de randonnée fait-on sur l’île ?

Dès le premier jour, on peut partir à pied depuis la maison pour explorer la vallée de Potamia en descendant le long de la rivière, à travers les jardins fleuris, les moulins à eau en ruine et les hameaux de Mesi et Kato Potamia. C’est un chemin doux, parfait pour entrer dans l’ambiance de l’île.

Une autre randonnée permet de remonter le temps jusqu’à l’Antiquité, en allant à la rencontre des kouros de Mélanes. À travers oliveraies et chemins creux, on rejoint ces statues colossales inachevées — abandonnées là depuis le VIe siècle avant J.-C., comme si les sculpteurs venaient juste de partir.

Au-dessus du village se dresse la colline de l’ancien château byzantin, surnommé le « Mystras de l’Égée ». On peut rejoindre l’Apano Kastro par une montée modérée, récompensée par un panorama magnifique sur les Cyclades.

Enfin, par des sentiers à travers une campagne cultivée depuis des millénaires, on atteint le temple de Déméter. C’est l’un des temples grecs les mieux conservés de l’archipel, construit vers 530 avant J.-C.

Peux-tu nous parler de la gastronomie Naxiote ?

Ce qui reste d’un voyage n’est pas seulement ce qu’on a vu, ce sont aussi les odeurs, les saveurs, la lumière d’un soir dans une taverne de village, ce que l’on a mangé, bu, partagé autour d’une table.

À Naxos, on mange vraiment bien ! Ici la cuisine est ancrée dans la terre, portée par des gens qui produisent eux-mêmes ce qu’ils servent. Surnommée le « grenier des Cyclades » l’île produit ses propres légumes et fruits, sa viande, son fromage, son huile, son vin et son miel. La pomme de terre de Naxos est réputée dans toute la Grèce. La graviera, fromage à pâte dure au goût de noisette, est l’une des meilleures du pays. Le kitron, liqueur distillée à partir des feuilles du cédratier, est une spécialité insulaire qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Les figues, les agrumes, les courgettes rondes naxiotes, l’agneau élevé en plein air sur les pentes du mont Zeus — tout cela compose une palette de saveurs simples et intenses.
La restauration est pour une grande part, une affaire de famille : des femmes et des hommes qui ont appris à cuisiner de leurs mères, qui élèvent leurs propres cochons, cueillent leurs herbes et font leur vin.


Les meilleures tables de l’île ne sont pas à Chora, la capitale mais dans les villages de l’intérieur, au fond d’une crique isolée, au bord d’un chemin de campagne. On y mange sous un platane, on boit le vin de la maison dans de petits verres dépareillés et le patron vient s’asseoir avec vous pour vous raconter la recette du rosto — le ragout de porc naxiote, lentement mijoté, que chaque famille prépare un peu différemment.
Certains soirs, on dîne sur la terrasse de la maison, à Ano Potamia, face aux montagnes qui s’éteignent. Parfois on roule une demi-heure pour rejoindre une taverne que Luc a dénichée il y a des années et qu’il garde un peu comme un secret. Le trajet fait partie du plaisir.

As-tu une anecdote qui t’a particulièrement marquée ?

C’est une rencontre de bord du chemin que l’on a faite pendant la randonnée descendant vers Lionas, petite crique du nord-est de l’île. Un homme, une ferme, un chaudron… et une odeur de lait chaud sur le feu qui nous a arrêtés net.
Dans une petite salle basse aux murs de pierre noircie par les années, un homme est assis sur un banc, une longue cuillère de bois à la main. Devant lui, un chaudron noir posé sur un foyer à gaz crache de la vapeur. À côté, sur la table, une meule de fromage frais repose dans son moule jaune, encore humide de petit-lait. C’est le fromager. Il fabrique sa graviera comme on l’a toujours fait ici — à la main, au feu, avec le lait de ses propres bêtes. Rien ici ne semble avoir vraiment changé depuis des générations.
On ne s’est pas vraiment parlé. Il nous a montré son chaudron, sa technique, la consistance du lait qui commence à prendre.
Et c’est tout. Mais c’était suffisant. Il y a des moments où les mots ne sont pas nécessaires. Où regarder quelqu’un faire son métier — un métier qu’il connaît dans ses mains, dans ses gestes, depuis toujours — suffit à créer quelque chose. Un respect mutuel, peut-être. Une curiosité partagée.

Que vas-tu faire de cette expérience ?

J’ai passé d’excellents moments qui m’ont nourri et diverti. L’histoire pourrait s’arrêter là mais je crois que c’est dans l’ADN de l’accompagnateur en montagne de partager ses propres coups de cœur et ses belles émotions avec des clients qu’il considère souvent comme de réels compagnons – amis de voyage. Alors, je vous emmène à Naxos pour vous montrer ce que j’ai vu et approfondir la découverte ?

Comment rejoindre Naxos ?
Vols directs depuis Orly pour l’île de Mykonos, au printemps et à l’automne.
Puis 1h30 de ferry pour Chora, la capitale de Naxos.

Plutôt de filer directement sur Naxos, on peut s’offrir une journée à Mykonos et profiter d’une excursion vers l’île de Délos — sanctuaire sacré de l’Antiquité grecque, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, absolument fascinant pour qui s’intéresse à l’histoire.